PARIS, 4 avr 2006 (AFP) - Le président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, Hervé Morin, a estimé mardi à propos du CPE que le pays était
dans une situation "surréaliste" et que "jamais" on n'avait "autant malmené les principes de l'Etat de droit et de la démocratie".
"D'imbroglio comme celui-ci, on n'en a jamais vu. Le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe", a poursuivi M. Morin, dans les couloirs du palais-Bourbon, en dénonçant la gestion de la crise du CPE par l'exécutif.
Au titre des principes malmenés, il a cité le dernier épisode de la crise du CPE avec "un président de la République qui promulgue, mais en disant surtout +on n'applique pas la loi+, comme si, par le fait du prince, on pouvait interdire la mise en oeuvre d'une loi".
"Et pour finir, après cette phase déjà absolument ahurissante, on a un parti politique à qui on confie le soin de modifier le texte, parti politique dont le président est lui-même numéro deux du gouvernement", a-t-il ajouté.
"Dès lors qu'on décide de motiver la décision de licenciement et qu'on décide de réduire le délai, de le passer à six mois ou à neuf mois, il n'y a plus de CPE en tant que tel. Donc, faisons les choses simplement et abrogeons le texte", a conclu Hervé Morin pour qui en somme "c'est toute la méthode du gouvernement et toute la méthode d'un exécutif complètement
dépassé, qui est à revoir".