Samedi 6 décembre de 11h à 12h sur France Culture, Hervé Morin sera l'invité de l'émission
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08.09.2006 : La privatisation de GDF ne sert pas l’intérêt du pays (LCI)

Hervé Morin considère qu’un secteur aussi stratégique que le gaz doit rester sous le contrôle de l’Etat. Le député UDF est opposé à la constitution d’oligopoles sur le marché de l’énergie qui serviront les intérêts de leurs actionnaires au détriment de celui des consommateurs. De plus, la fusion GDF-Suez ne permettra pas, selon lui, de sécuriser nos approvisionnements en gaz et d’obtenir de meilleurs prix. Enfin, le président du groupe UDF à l’Assemblée nationale, a critiqué « le patriotisme économique » du Premier ministre, estimant qu’avec la libéralisation du marché de l’énergie en Europe, on ne peut interdire une entreprise italienne d’acheter une entreprise française.


Hervé Morin a estimé que l’on confond l’intérêt de Suez et l’intérêt du pays : pour lui, le PDG de Suez, Gérard Mestrallet a bien manœuvré puisqu’il a trouvé une parade à l’OPA hostile de l’italien Enel mais il considère que dans un secteur aussi stratégique que le gaz, l’intérêt général commande que GDF reste dans les mains de l’Etat. Hervé Morin rejette l’argument selon lequel la fusion des deux entreprises permettrait de sécuriser notre approvisionnement en gaz et d’obtenir des prix plus faibles car nous sommes sur un marché qui compte uniquement trois fournisseurs principaux : l’Algérie, la Russie et la Norvège. Le député UDF a fait également valoir que sur un marché où la demande va devenir exponentielle, ce sont les producteurs qui fixeront les prix.

Hervé Morin a mis en garde contre l’architecture du capitalisme qui est en train de se mettre en place : il a cité les derniers livres de Jean Peyrelevade et de Patrick Artus qui démontrent, selon lui, que les grands groupes privés essaient de constituer un capitalisme de rente, ces entreprises s’appuient sur des situations oligopolistiques pour capter la richesse au détriment des producteurs ou des consommateurs, et elles cherchent uniquement à créer de la valeur pour les actionnaires. Il considère que sur un marché aussi stratégique que l’énergie, le gaz ne peut être dans les mains d’oligopoles. Il a ainsi fait remarquer qu’une fois la fusion réalisée, les actionnaires détiendront 65% du capital du nouvel ensemble : « ce sont eux qui décideront des investissements stratégiques de l’entreprise et cela n’ira pas forcément dans l’intérêt du pays ».

Hervé Morin a aussi critiqué la démarche du Premier ministre qui dit agir au nom du « patriotisme économique » et n’accepte pas que des entreprises françaises soient rachetées par des entreprises européennes : il a rappelé que les gouvernement Juppé et Jospin ont pourtant décidé la libéralisation du marché du gaz et de l’électricité en Europe. Enfin, Hervé Morin a qualifié de « grotesque » les quelques 137 000 amendements déposés par la gauche, même s’il considère que le droit d’amendement est imprescriptible et que faire de l’obstruction est un moyen d’alerter l’opinion publique et de laisser le temps au pays de s’emparer d’un sujet. Cependant il considère que l’attitude de la gauche arrange les affaires de l’UMP qui va utiliser le 49-3 pour faire passer le texte et se refaire « une unité de façade » alors que selon lui, 50 à 60 députés UMP sont opposés à la fusion GDF-Suez.

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

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