Samedi 6 décembre de 11h à 12h sur France Culture, Hervé Morin sera l'invité de l'émission
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12.04/2006 : Hervé Morin sur BFM

Hervé Morin a critiqué un système où règne la confusion des pouvoirs et où le président de la République n’est plus responsable devant le peuple. Le président du groupe UDF de l’Assemblée nationale souhaite qu’on revienne à un système où le Parlement contrôle l’action du gouvernement et où l’Etat est exemplaire et impartial. Hervé Morin craint enfin que la crise du CPE empêche de simplifier et de moderniser le droit du travail.


« Le système est à bout de souffle » a estimé Hervé Morin, « l’Etat de droit n’est même plus respecté par le président de la République ». Le président du groupe UDF de l’Assemblée nationale dénonce une confusion des pouvoirs avec une résolution de la crise confiée aux présidents des groupes UMP du Sénat et de l’Assemblée nationale. Selon lui, le Parlement ne joue plus son rôle, il en est réduit à voter un jour une loi et à en voter une autre quinze jours après. Il a souligné qu’à l’origine de la Ve République, le président de la République concentrait tous les pouvoirs mais il était responsable devant le peuple et il démissionnait s’il était désavoué. Hervé Morin considère que notre démocratie ne fonctionne pas. Il faut, selon lui, que le Parlement contrôle le gouvernement – et notamment les dépenses publiques - et il faut que l’Etat soit exemplaire et impartial : le député de l’Eure souhaite que l’Etat montre l’exemple et qu’il cesse par exemple de nommer les copains au lieu d’embaucher les meilleurs candidats. Hervé Morin propose qu’on supprime le cumul des mandats et qu’on limite leur cumul dans le temps, il est également favorable à la suppression du 49-3. Il déplore que la France soit le seul pays où on fasse carrière en politique et où les hommes politiques qui sont remerciés par le peuple reviennent au pouvoir. Ce système est, selon lui, dommageable, car les hommes politiques pensent d’abord à leur carrière et prennent alors moins de risques quand ils sont au pouvoir. La grève de la faim de Jean Lassalle révèle, selon lui, non une impuissance des hommes politiques mais une impuissance du système, le député en grève de la faim a écrit des centaines de lettres qui sont restées sans réponse, il n’a pas été écouté : « le système public français ne répond plus. C’est un avion sans pilotes ».

Hervé Morin estime que la crise du CPE a provoqué des dégâts considérables dans l’opinion, chez ceux qui y étaient favorables comme chez ceux qui soutenaient la mesure. Il n’est pas favorable à l’abrogation du CNE (contrat nouvelles embauches) comme le réclame la CFDT. Il souhaite que le gouvernement mène l’expérimentation de ce contrat réservé aux entreprises de moins de vingt salariés se poursuive jusqu’à la fin de l’année et que des experts indépendants enquêtent pour savoir combien d’emplois auront été créés grâce au CNE. Pour Hervé Morin, l’évaluation des politiques doit faire partie intégrante d’une pratique du pouvoir. Il considère que les chefs d’entreprise ont besoin d’une stabilité juridique. Selon lui, tous les syndicats étaient d’ailleurs prêts à discuter d’une simplification et d’une modernisation du droit du travail. Mais il craint aujourd’hui qu’à cause du CPE, il faudra attendre un certain temps avant que tous les acteurs acceptent de se mettre autour d’une table pour discuter des évolutions nécessaires du droit du travail.

Hervé Morin a expliqué qu’en Italie, les différents partis politiques de la gauche et du centre ont signé un programme de réformes avant les législatives. En Allemagne, la CDU et le SPD se sont mis d’accord pour gouverner ensemble et réduire la dépense publique de 49 milliards d’euros. Il ne croit pas qu’une grande coalition puisse être possible en France parce que les Socialistes n’ont toujours pas admis que l’économie de marché est le meilleur système pour créer des richesses.

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

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