Samedi 6 décembre de 11h à 12h sur France Culture, Hervé Morin sera l'invité de l'émission
Dans la Presse

15.04.2008 : Hervé Morin, invité de Bourdin and Co (RMC - BFM TV)

 11 Ko JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité ce matin, Hervé MORIN, ministre de la Défense, Hervé MORIN, bonjour !

HERVE MORIN
Bonjour !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d’être avec nous ce matin, bravo d’abord aux Forces spéciales françaises qui ont réussi leur coup, si je puis dire avec le Ponant.

HERVE MORIN
Oui, je leur ai envoyé un message hier soir et je leur ai dit que les Français étaient très fiers d’eux. Moi c’est vraiment ce que j’ai entendu, partout, ce week-end. Mes amis, les gens que j’ai rencontrés dans la rue, me disant, c’est bien ce qu’a fait l’armée française, c’est formidable. Parce que vous voyez, on a eu en permanence cette double idée. La première bien entendu, la sécurité des otages, faire en sorte que l’on récupère sain et sauf la totalité de l’équipage. Et deuxième élément faire, en sorte que cela ne soit pas impuni. Et la volonté du président de la République a été celle-ci, d’abord et avant tout on fait attention et on fait en sorte qu’on prenne toutes les précautions pour que les otages reviennent sains et saufs en France. Mais en même temps, on va essayer de faire en sorte que les pirates puissent rendre des comptes à la justice et cela a été le cas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Six d’entre eux sont aux mains de la Marine française, qu’est-ce qu’on va en faire ?

HERVE MORIN
Eh bien écoutez, l’idée c’est de les faire juger par la justice française, dans le cadre d’une procédure judiciaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, on va tout faire pour ça ?

HERVE MORIN
Bien sûr !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, est-ce que certains pirates ont été tués dans l’opération ?

HERVE MORIN
Absolument pas, tout ça ce sont des histoires…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la rançon versée, est-ce qu’on en a récupéré une partie ?

HERVE MORIN
En effet, on a retrouvé une partie d’argent, de l’argent de toutes monnaies, donc, il doit y avoir d’anciens comptes aussi j’ai l’impression. Mais c’est à la procédure judiciaire de nous en dire un peu plus.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, vous avez récupéré pour combien d’argent ?

HERVE MORIN
Je ne sais pas !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez récupéré un peu d’argent quand même de la rançon, je crois que c’est 2 millions qui ont été versés, mais enfin, peu importe !

HERVE MORIN
On a récupéré de l’argent de monnaies différentes et donc, on ne sait pas trop d’où tout cela vient, mais enfin ce n’est pas très grave ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, autre chose, on va parler évidemment, évidemment du sujet essentiel, c’est la Défense et des réductions de postes, je pense. Mais je voudrais dire un mot des gendarmes. Hier matin nous avons plusieurs gendarmes qui ont témoigné sur RMC, ils le font régulièrement pour se plaindre de leurs conditions de travail. Et ils ont lancé un site, vous le savez, ils demandent la création d’une association, ils ont créé une association « Liberté d’expression » qu’est-ce que vous leur dites ce matin ?

HERVE MORIN
Je leur dis deux choses ; la première c’est que les gendarmes souhaitent conserver le statut militaire, nous souhaitons que les gendarmes soient des militaires. Nous pensons que nous avons besoin de deux forces de sécurité dans le pays, une civile, une militaire. L’objectif de la réforme que nous mettons en place c’est en effet de transférer la totalité du budget de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur, qui est, une vraie synergie entre la police et la gendarmerie. Puisque vous savez que depuis 2003, les gendarmes sont sous l’autorité fonctionnelle du ministère de l’Intérieur. Je leur dit, cependant, quand on a le statut militaire, on est tenu aux obligations du statut militaire et donc à l’obligation de réserve,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc taisez vous !

HERVE MORIN
Il y a des moyens de concertation, il y a des moyens d’expression, mais, notamment l’idée, éventuellement d’organisation collective, équivalente à celle de syndicat, est quelque chose qui n’est pas concevable avec le statut militaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais ils demandent quand même, ils demandent une liberté d’expression. Dans notre monde, franchement, leur accorder une liberté d’expression plus large, n’est-ce pas une ouverture ? Puisque l’on parle beaucoup d’ouverture Hervé MORIN ?

HERVE MORIN
Oui, mais il y a des instance de concertation au sein du ministère de la Défense, il y a notamment ce qu’on appelle le Conseil supérieur de la fonction militaire. Ce Conseil supérieur, est démembré en Conseil de la fonction militaire, armée par armée et la gendarmerie à la sienne. Nous sommes en train de modifier les conditions de la concertation, puisqu’il y a en effet des choses à améliorer. Mais je vous rappelle qu’il y a une règle de base, c’est que le statut militaire et les syndicats, cela ne va pas ensemble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il ne s’agit pas de créer un syndicat, il s’agit de créer une plus grande liberté d’expression. Est-ce que vous allez sanctionner d’ailleurs les gendarmes qui sont à l’origine de cette association non ? Une enquête va être conduite ?

HERVE MORIN
Pour l’instant, non, pour l’instant les statuts de l’association ne sont pas déposés, nous allons voir tout ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et s’ils sont déposés, vous les sanctionnerez ?

HERVE MORIN
Non, on va voir ce qu’il y a dans l’association, quel est l’objet ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, le plan de restructuration des armées, 42 000 emplois supprimés en sept ans, c’est ça, 6 000 par an.

HERVE MORIN
6 000 par an, c’est ce que je ne cesse de dire depuis des semaines et des semaines, nous avons, au ministère de la Défense, la même obligation que l’ensemble des administrations d’état, ni plus, ni moins.
Cette obligation c’est le non remplacement, c’est une obligation gouvernementale, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Pour nous, cela représente 6.000 personnes par an, mais il n’y a ni quota, ni objectif chiffré. Mon objectif, il est simple, c’est de faire en sorte que nous ayons un système plus efficace, plus mutualisé, plus inter armisé pour faire en sorte que l’on supprime les doublons et les duplications de service dans toute l’administration générale et le soutien – et de faire en sorte que ce système nous dégage des marges de manœuvre dont nous avons besoin pour deux choses : l’équipement des forces et l’amélioration de la condition du personnel.
Nous avons, la Défense a fait une réforme colossale qui a été la professionnalisation. Cette professionnalisation nous a amenés à nous préoccuper des forces opérationnelles, des régiments opérationnels – mais nous n’avons pas repensé notre organisation, qui pour l’essentiel date du 19ème siècle. Et donc, ce que nous faisons maintenant, c’est tirer les conséquences de la professionnalisation pour avoir un système d’administration général et de soutien qui marche mieux, qui soit plus efficace.
Et nous devons le faire pour deux raisons ; une raison citoyenne, c’est celle de faire en sorte que même si nous n’avions pas besoin de financer nos équipements, eh bien de faire en sorte que chaque euro soit bien dépensé. Cela me semble, j’allais dire dans la nature des choses et la deuxième chose, c’est que nous sommes en train de renouveler tous nos équipements militaires. Les frégates, les sous-marins, nous continuons à moderniser nos dissuasions, le Rafale l’A400M, le NH90, le Tigre les blindés quoi, le BBCI. Bref, nous avons tous nos équipements en cours de renouvellement et nous avons besoin de deux à trois milliards d’euros supplémentaires en équipement.
Donc, en maintenant notre effort de défense, comme nous le maintenons aujourd’hui, cela ne suffit pas pour financer les équipements. Et nous devons trouvez en nous-même des marges de manœuvre sur l’administration générale et le soutien. Et j’allais vous dire une dernière chose, si vous me le permettez.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Allez-y !

HERVE MORIN
Une défense doit en permanence s’adapter. Nous avons connu dans l’histoire, lourdement, la Nation l’a payé en 1940, quand le général de GAULLE écrivait en 1932 : « Le fil de l’épée », nous on était encore en train de faire la Ligne Maginot. Le général de GAULLE disait : ce sont des guerres de mouvement qui vont maintenant exister et nous on faisait la Ligne Maginot, on la payait avec l’effondrement que nous avons connu en 1940. Un permanence un outil de défense doit s’adapter aux risques et aux menaces. Et on ne peut pas traiter les risques et les menaces,…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Cela veut dire qu’aujourd’hui on est sous les risques et sous la menace Hervé MORIN, c’est dramatique !

HERVE MORIN
On ne peut pas traiter de la même façon le risque de la prolifération nucléaire, dont on voit bien que c’est un risque à moyen terme. On ne peut pas traiter de la même façon les risques liés au terrorisme à grande échelle, que ce que nous avons fait il y a vingt ou vingt cinq ans.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors Hervé MORIN soyons concrets, puisque vous parlez de trois milliards d’euros, il faut faire trois milliards d’euros d’économie, j’ai bien compris

HERVE MORIN
Deux milliards, entre deux et trois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, trois milliards, c’est le coût d’un porte-avions, eh oui, attendez, c’est le coût d’un porte-avions trois milliards !

HERVE MORIN
Oui, un peu plus même, c’est plutôt trois milliards sept, trois milliards huit.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On l’oublie le porte-avions.

HERVE MORIN
Ecoutez, le président de la République n’a pas arbitré cette question laissez-lui encore quelques semaines et vous m’inviterez – parce que j’ai remarqué qu’à chaque fois que je viens ici, vous me posez la question. Et donc je vous promets une chose, c’est que le jour où le président de la République l’aura arbitré et que nous serons en mesure de pouvoir vous l’annoncer, eh bien je viendrai devant vous pour pouvoir vous en parler !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien moi je prends les paris, tiens, aujourd’hui, qu’on ne construira pas le troisième porte-avions ?

HERVE MORIN
Non, ce n’est que le deuxième là !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, le troisième… le deuxième porte-avions, on prend les paris ?

HERVE MORIN
Eh bien écoutez vous verrez !

JEAN-JACQUES BOURDIN
On verra, bon on verra qui l’emporte, Hervé MORIN j’ai d’autres questions. C’est vrai que l’armée française, vous avez raison, elle est peut-être mal organisée, à vous entendre, elle n’est pas forcément efficace. Vous savez ce qu’elle a ?

HERVE MORIN
Non, non, elle est efficace, elle a des forces opérationnelles extraordinaires,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et le reste, le reste, ce n’est pas terrible quoi !

HERVE MORIN
Non, on a une structure qui est une structure héritée d’un système que nous devons adapter à la professionnalisation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais elle a trop de galons, vous le savez bien, il y a trop de cadres,

HERVE MORIN
Qui vous a dit ça ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais les enquêtes, tout le monde le sait que l’armée française est l’armée du monde où il y a le plus de galons.

HERVE MORIN
Eh bien, non, j’ai fait vérifier cela, et alors si vous prenez les généraux,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je ne parle pas que des généraux moi,

HERVE MORIN
Oui, mais les généraux, ils ont été colonels avant etc. Sur les généraux nous sommes au même ratio que les britanniques et nous sommes en effet un peu plus élevés que les allemands. Mais nous sommes au même niveau que les britanniques et l’armée,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais si on descend dans la hiérarchie, Hervé MORIN ?

HERVE MORIN
Non, parce que tout ça est assez… il y a une espèce de fil de l’eau.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, franchement, il n’y a pas trop de galons dans cette armée, enfin. Donc, qui va partir, qui va partir, des civils, des militaires ? Quels sont les postes qui ne seront pas remplacés ?

HERVE MORIN
Ecoutez les postes… Comme je vous l’ai dit, nous sommes en train de réfléchir à l’organisation de l’administration générale et du soutien. Je vais prendre un exemple pour faire simple. Balard, nous allons faire un Pentagone à la française, nous allons faire en sorte que dans notre ministère, tout le monde travaille ensemble. Que nous ayons une organisation collective, collégiale, autour du ministre, le ministre déménagera aussi à Balard, nous serons donc à côté de chez vous.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous serons voisins, c’est très bien !

HERVE MORIN
Et donc notre idée c’est de faire en sorte qu’au lieu d’avoir des services qui existent dans chaque état major. Parce que chacun veut pouvoir, en quelque sorte avoir ses propres services. Nous allons faire en sorte d’avoir un système mutualisé avec des services communs qui nous permettent de travailler ensemble,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça c’est bien.

HERVE MORIN
Cela va nous permettre sur l’administration centrale de faire à peu près 25 à 30 % d’économie de postes. Nous n’allons pas dégrader le service, mais nous allons faire en sorte que l’on travaille ensemble et collectivement avec une idée simple. Nous sommes, nous appartenons à la même communauté, nous sommes passionnés par la même institution et nous voulons travailler ensemble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, Hervé MORIN, j’ai encore deux ou trois questions sur ces suppressions de postes et notamment sur l’éventuelle fermeture de casernes, nous en parlons dans deux minutes, après la pub.


JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN, le ministre de la Défense est notre invité ce matin. Hervé MORIN, j’ai des questions précises, d’abord, 42 000 donc suppressions de postes en sept ans, est-ce que la gendarmerie sera touchée ?

HERVE MORIN
La gendarmerie désormais relève fonctionnellement du ministère de la l’Intérieur, donc c’est l’affaire de Michèle ALLIOT-MARIE.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc c’est l’affaire de Michèle ALLIOT-MARIE, première question. Deuxième question, est-ce que de casernes vont être fermées ?

HERVE MORIN
Eh bien dès lors que vous réorganisez votre système, bien entendu cela veut dire qu’il va y avoir des implantations qui vont fermer,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien ?

HERVE MORIN
Je vais vous prendre des exemples,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien, combien, vous avez des chiffres ?

HERVE MORIN
Je n’ai pas de chiffres encore aujourd’hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne savez pas ?

HERVE MORIN
Non, parce que j’ai besoin de deux choses. Un, j’ai présenté au président de la République, la réforme de l’organisation du ministère, ça c’est fait, je l’ai présenté à l’ensemble des chefs de corps et aux généraux la semaine dernière, ça c’est présenté et c’est public. Le deuxième aspect c’est le Livre blanc, c'est-à-dire les grandes orientations stratégiques de notre défense. Si par exemple, vous considérez que dans les priorités il faut avoir plus d’observations et de renseignements, parce que, la prolifération nucléaire, le renseignement etc, nous oblige à connaître et anticiper. Et qu’en revanche nous considérons que le risque d’invasion dans les dix ans ou quinze ans du pays est très faible, vous comprenez bien que cela a des conséquences sur l’organisation de nos forces. Et donc, j’ai, ensuite, en fonction des arbitrages du président de la République sur les orientations stratégiques de notre politique de défense – j’ai besoin de croiser l’organisation du ministère avec ces orientations là pour déterminer la nouvelle carte militaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez concentrer, si j’ai bien compris les forces militaires, là où on en a besoin quoi.

HERVE MORIN
Ce que nous allons faire, notamment,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Cela veut dire que des petites casernes, je ne sais pas, je pense à Briançon, je pense à Châtellerault vont fermer.

HERVE MORIN
Ce que nous allons faire, c’est faire en sorte, notamment de créer ce qu’on appelle des bases de défense, je m’explique. C’est de faire en sorte que l’ensemble des fonctions d’administration générale et de soutien, alors c’est quoi l’administration générale et de soutien ?
Les finances, les ressources humaines, la reconversion, le transport, la problématique de l’environnement, bref, tous les sujets qui accompagnent les forces opérationnelles. Eh bien qu’elles soient regroupées dans une même base de défense et puissent servir la totalité des régiments, quelle que soit la couleur de l’uniforme.
Que ce soit l’armée de terre, que ce soit la marine, que ce soit l’armée de l’air, au lieu d’avoir des systèmes en tuyau d’orgue, où chacun a son organisation – on va avoir pour toute l’administration générale et le soutien, une administration commune qui va servir tous les régiments et toutes les unités qui sont dans un environnement d’une trentaine de kilomètres. Donc cela va nous obliger,

JEAN-JACQUES BOURDIN
A fermer certaines casernes,

HERVE MORIN
A concentrer et à densifier les unités, pour que nous puissions faire des économies sur le fonctionnement de la structure.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n’avez pas le chiffre du nombre de… ?

HERVE MORIN
Non, cela viendra,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bientôt, vous me promettez, de revenir pour le chiffre,

HERVE MORIN
Si vous voulez,

JEAN-JACQUES BOURDIN
A la mi juin !

HERVE MORIN
Eh bien, oui, parce que je me suis engagé devant les chefs de corps et les généraux et directeurs de service pour leur annoncer en priorité le 19 juin, disons entre le 15 et le 30 juin.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, entre le 15 et le 30 juin.

HERVE MORIN
Bien entendu, je termine sur les petites communes, les fermetures, etc. Bien entendu il y a le schéma idéal, le schéma idéal, tel que nous l’avons construit.
Et puis ensuite, il y aura forcément un certain nombre d’adaptations, limitées où je présenterai au président de la République une alternative au choix, qui serait le choix le plus cohérent – pour que, dans les hypothèses les plus difficiles et les plus lourdes dans un certain nombre de communes ou de départements je puisse dire au président de la République, il y a une autre alternative, c’est celle-ci.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que, il faut quand même que l’Etat pense aménagement du territoire. Nous avons, la carte hospitalière, nous avons la carte judiciaire et maintenant nous avons la carte militaire – il va falloir croiser toutes ces cartes. Parce qu’une même commune peut perdre un hôpital, peut perdre une caserne et peut perdre un tribunal. Hier Jean-Pierre RAFFARIN nous a donné un exemple, Châtellerault,

HERVE MORIN
Eh bien Châtellerault c’est l’Ecole de gendarmerie, donc ça, c’est Michèle ALLIOT-MARIE, … Attendez, moi je voudrais vous répondre une chose, moi je suis élu,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez croisé les cartes ?

HERVE MORIN
Moi je suis élu, je suis maire, je suis maire d’une zone rurale,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a quand même l’aménagement du territoire, il faut y penser !

HERVE MORIN
J’ai connu la fermeture de mon tribunal, donc tout ça je sais, la fermeture…du moins la réduction de mon tribunal, bon. Tout ça, j’ai ça en tête, mais je suis aussi chargé d’une responsabilité et cette responsabilité c’est de faire en sorte que le pays continue à avoir une défense crédible et opérationnelle.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah, mais ça, on est tous d’accord !

HERVE MORIN
Attendez, nous consacrons 37 milliards d’euros à la défense de notre pays. Les Français reprocheraient à tout pouvoir, quel qu’il soit, que les 37 milliards d’euros, c'est-à-dire le deuxième budget du pays ne soit pas consacré d’abord et avant tout à assurer leur indépendance, à leur assurer leur sécurité. A faire en sorte que les intérêts stratégiques du pays soient défendus et que la place de la France dans le monde soit reconnue, c’est ça le rôle du ministre de la Défense.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, alors un mot, très vite alors… !

HERVE MORIN
Et donc ma priorité d’abord et avant tout, et c’est celle du président de la République, c’est de faire en sorte que nous conservions une armée qui soit reconnue comme l’une des meilleures armées au monde. Equipée, formée et capable d’intervenir comme elle l’a fait sur le Ponant ou comme elle l’a fait lors des dernières interventions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors Hervé MORIN, question, juste, est-ce que vous avez cédé des casernes à un euro ?

HERVE MORIN
Nous prendrons toute une série de mesures d’accompagnement économiques,

JEAN-JACQUES BOURDIN
C’est symbolique, mais cela serait bien non ?

HERVE MORIN
Eh bien on va prendre des mesures qui permettent d’accompagner, économiquement chaque collectivité,

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour le logement social tiens !

HERVE MORIN
Et donc, nous avons comme idée, je vais vous prendre dans mon cabinet parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais c’est une bonne idée, ce n’est pas moi, ce sont les élus locaux qui ont eu cette idée.

HERVE MORIN
Ce que nous avons comme idée, c’est bien entendu de prévoir ce qu’on appelle un contrat de site, c'est-à-dire quoi ? De dire, à une commune, voilà, on va fermer votre unité, cette unité, vous avez toute une série de programmes, d’équipements, de projets. Eh bien ces projets dites-nous combien ils coûtent, quel financement nous pouvons y mettre. Comment nous puissions faire en sorte que nous puissions construire et améliorer les logements ? Comment on peut éventuellement financer une zone d’activités, comment on peut financer des équipements sportifs ? Comment on peut accompagner économiquement le nouveau schéma d’urbanisme lié par exemple à la fermeture de telle ou telle caserne, voilà, tout ce que l’on va regarder de près.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien très bien, Hervé MORIN nous sommes avec Philippe DUFREIGNE, qui est à RMC au standard Philippe.

PHILIPPE DUFREIGNE
Oui, avec Stéphane qui est dans les Bouches du Rhône, qui est militaire justement et qui vous a écouté, vous avez parlé notamment de regroupement, il nous dit, c’est ce qui se passe un petit peu aux Etats-Unis, est-ce que votre réforme de l’armée française prend exemple sur l’Amérique ?

HERVE MORIN
Absolument pas, les américains ont en effet ce qu’on appelle des bases de défense, mais qui sont des immenses plates formes. Ce que moi j’entends par base de défense, c’est cette organisation intermédiaire entre les unités et l’échelon central qui permettent de pouvoir mutualiser toute l’administration générale et le soutien – mais ce n’est pas la création d’immenses plates formes ou d’immenses bases militaires comme on peut avoir aux Etats-Unis.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, un mot quand même Hervé MORIN sur l’Afghanistan, vous envoyez 1 000 soldats en Afghanistan, voilà un pays qui est aux mains d’un président qui est déconsidéré, d’un président qui est corrompu. Voilà un pays où les Talibans sont en train de s’implanter de mieux en mieux. Voilà un pays où le trafic de drogue a repris, à quoi cela a servi d’envoyer des soldats depuis des années en Afghanistan ?

HERVE MORIN
Et qu’est-ce que vous voulez faire ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais je vous pose la question, moi je ne suis pas aux commandes, je ne suis ni ministre de la Défense, ni Premier ministre, ni président de la République, ce sont les politiques qui assument leur choix.

HERVE MORIN
On a oublié ce qu’était le régime des Talibans, on a oublié quelle était la condition de la femme, les jeunes filles non scolarisées. L’interdiction des cerfs volants, l’interdiction de la culture, du cinéma, du théâtre, les droits de l’homme bafoués au quotidien…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN, vous croyez que cela va mieux maintenant ?

HERVE MORIN
L’Afghanistan…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Cela fait combien d’années que les forces internationales sont en Afghanistan ?

HERVE MORIN
2001, l’Afghanistan base arrière du terrorisme, notre présence en Afghanistan, c’est aussi notre sécurité. Si vous laissez les Talibans reprendre le pouvoir, c'est-à-dire que vous créez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils ont commencé à le reprendre !

HERVE MORIN
Vous créez un grand foyer de déstabilisation dans ce foyer du monde, à côté d’un autre pays qui s’appelle le Pakistan. Et notre présence, si vous voulons sortir un jour, c’est de faire le maximum pour que notre présence soit la plus efficace possible et que, nous puissions mettre en place les institutions dont l’Afghanistan a besoin. La situation n’est pas aussi calamiteuse que vous la présentez, elle a été meilleure, en effet à une époque. Elle s’est dégradée et elle est sur un plateau à l’heure actuelle.
Par exemple, il y a quinze jours, l’armée nationale afghane a repris une vallée, à réinstaurer un certain nombre de constitutions avec l’appui de militaires français qui sont chargés de la former dans une vallée où on n’avait pas mis les pieds depuis sept ans. Et il y là, pour nous, une obligation impérative, c’est d’accompagner le mouvement militaire d’un mouvement consacré au développement économique, aux infrastructures, au développement d’un certain nombre de services, ce qui est fait ! Nous avons construit 4 000 kilomètres de routes. Nous avons aujourd’hui, 80 % des Afghans qui accèdent à la santé, alors qu’ils étaient que quelques-uns à accéder à la santé. Donc il y a des progrès, cela ne suffit pas, il faut du développement économique, il faut un accompagnement global.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien nous ferons le bilan Hervé MORIN, ensemble,

HERVE MORIN
Mais nous n’avons pas d’autres choix que d’y être !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, merci Hervé MORIN d’être venu nous voir ce matin sur BFM TV et sur RMC.

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