Samedi 6 décembre de 11h à 12h sur France Culture, Hervé Morin sera l'invité de l'émission
Archives

16.01.2006 : « La France a besoin de stabilité et de simplicité juridiques » - Hervé Morin, invité de la 300e matinale de Canal Plus

Hervé Morin ne croit pas à l’efficacité des politiques de lutte contre le chômage mises en place par le gouvernement, il propose à la place de libérer la création d’emplois par une baisse massive des cotisations sociales. Le président du groupe UDF à l’Assemblée nationale, a constaté la défiance qui s’est installée entre les Français et les hommes politiques, il a défendu une réforme des institutions qui garantisse un meilleur équilibre entre le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire.

« Personne ne croit que l’emploi va mieux en France » a déclaré Hervé Morin. Le président du groupe UDF à l’Assemblée nationale estime que le chômage ne baisse pas contrairement à ce qui est annoncé. Il y a, selon lui, un « effet statistique » qui s’explique par trois éléments : la multiplication des contrats aidés payés par un endettement accru du pays, la radiation des chômeurs de l’ANPE et les départs à la retraite. Hervé Morin pense que le « contrat premier embauche » réservé aux jeunes de moins de 25 ans qui devrait être annoncé par le Premier ministre aujourd’hui, va créer un « effet d’éviction » au détriment des plus de 25 et des plus de 50 ans. Le député de l’Eure estime qu’il ne sert à rien de multiplier les contrats et que la France a besoin au contraire de stabilité (des aides, des contrats et du droit du travail) et de simplicité juridiques. L’UDF propose une toute autre politique pour libérer la création d’emplois : une baisse massive des cotisations sociales qui pèsent sur les salaires. Hervé Morin a expliqué qu’il y a des centaines de milliers d’emplois qui pourraient émerger en France si le coût du travail était moins élevé. La protection sociale serait financée par d’autres moyens que le travail : une taxe Tobin sociale sur les échanges interbancaires, une TVA sociale sur la consommation, la CSG, une contribution sur la valeur ajoutée des entreprises…

Hervé Morin constate qu’il y a une « rupture de la confiance entre le système politique et les Français » et que « plus personne ne pense que les hommes politiques s’expriment avec sincérité et honnêteté » car, selon lui, cela fait trente ans qu’on raconte aux Français des histoires, qu’on leur promet que le chômage va baisser et que demain sera merveilleux. Hervé Morin a rappelé que cela fait trente ans que le PS et l’UMP (ex-RPR) se passent le pouvoir, les Français sanctionnant à chaque nouvelle élection la majorité en place. Le député de l’Eure a expliqué que l’UDF est aujourd’hui une force politique indépendante et propose une autre voix aux Français. Outre des propositions novatrices en matière de protection sociale, l’UDF souhaite changer les institutions afin que tous les pouvoirs ne soient plus concentrés entre les mains d’une seule personne. Hervé Morin a esquissé les grandes lignes d’une réforme qui favorise l’émergence de véritables contre-pouvoirs, d’une responsabilité politique, d’une indépendance de la magistrature réelle et d’un Parlement qui ne soit plus une chambre d’enregistrement de l’exécutif. « Il faut remettre une « éthique et une exemplarité de l’Etat au sein du système » a estimé le président du groupe UDF à l’Assemblée. Enfin, interrogé sur les élections présidentielles au Chili, Hervé Morin s’est réjoui de la victoire de Michelle Bachelet, il constate avec plaisir que la démocratie s’étend progressivement en Amérique latine. Il estime également que « les femmes ont en général plus de courage, sont moins démagogiques et ont plus de pugnacité en politique ».

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

Conception, développement et hébergement ehoui