Dans la Presse

21.10.2008 : Interview à Sud-Ouest

 11 Ko "J'attache beaucoup d'importance à ces rencontres sur le terrain ou sur le lieu de travail des hommes et des femmes de la défense, que ce soit en opérations extérieures mais aussi dans les bases et les casernes en France ", assure Hervé Morin, le ministre de la Défense, qui se rend pour la première fois, ce matin, à la BA 120 de Cazaux.

Cazaux accueille depuis 2004 une école de pilotes de chasse franco-belge. D'autres pays pourraient-ils être concernés ?

Il s'agit d'un partenariat gagnant-gagnant : la Belgique a intégré à notre flotte ses alphat-jet modernisés, tandis que la France fournit le support et le soutien, ainsi qu'une partie de la formation. Quatre instructeurs belges et un instructeur italien travaillent actuellement au sein de l'AJeTS (Advanced Jet Training School). À court terme, des instructeurs allemands et espagnols viendront également apporter leur expérience. Cette formation va s'ouvrir à d'autres nationalités. La France s'est engagée pour l'horizon 2015-2020 dans un programme encore plus ambitieux de formation européenne complètement intégrée des pilotes de chasse, il s'agit du projet AEJPT (Advanced European Jet Pilot Training) dont AJeTS pourrait constituer l'un des piliers à Cazaux. Ces exemples constituent des éléments concrets et pragmatiques de la construction de l'Europe de la Défense.

Un premier pilote américain vient d'arriver sur la base. Quelle est la nature de cet échange avec les États-Unis ?

La présence d'un pilote américain au sein de l'escadron hélicoptère améliore encore notre capacité à travailler avec nos partenaires, facilite les échanges et le retour d'expérience dans le domaine de la Recherche et sauvetage au combat (Resco). La France est en effet l'une des très rares nations à pouvoir récupérer au-delà des lignes ennemies du personnel en difficulté (équipages éjectés, troupes isolées ou encerclées, etc.). L'hélicoptère Caracal, qui remplace progressivement le Puma Resco, est parfaitement adapté à cette mission.

Quelle a été la nature de l'intervention des hélicoptères de l'EH 01.067 en Afghanistan au mois d'août ?

Depuis notre engagement en Afghanistan, les hélicoptères Caracal effectuent au quotidien des missions très diverses de transport et de soutien aux forces engagées, et en particulier de nombreuses évacuations médicales, pour lesquelles ils assurent une alerte au profit de la coalition. Lors de l'embuscade d'Ouzbin, leur action a été déterminante dans l'acheminement de munitions et l'évacuation de nos blessés. L'adéquation de cette machine aux besoins du théâtre afghan m'a conduit à proposer au Président de la République l'envoi d'un troisième Caracal de l'armée de l'air pour appuyer nos forces.

Sur quels autres terrains extérieurs sont engagés des militaires de Cazaux ?

La base aérienne de Cazaux est engagée à des degrés divers dans les différentes opérations extérieures en cours, pour lesquelles elle fournit du personnel de renfort de manière régulière. Les équipages d'hélicoptères possèdent également une compétence "opérations-spéciales" qui est régulièrement sollicitée, comme ce fut le cas lors de l'évacuation de 367 ressortissants au Liban (opération Baliste) à l'été 2006, ou plus récemment sur le théâtre africain au Tchad. Mais aussi, à l'intérieur, pour la recherche et le sauvetage en mer, le contre-terrorisme maritime ou le plan Vigipirate.

La BA 120 accueille également les pilotes de chasse de Singapour...

Un accord leur permet de bénéficier des infrastructures de la BA 120 et d'un espace aérien adapté à leurs besoins. Les Aquitains ont su les accueillir avec hospitalité et chaleur. Avec les familles, c'est près de 250 personnes qui conserveront de la France l'image de leur accueil dans cette région, je m'en réjouis. Leur présence s'inscrit bien sûr dans la durée.

Y a-t-il des menaces sur certaines unités de Cazaux ?

Aucune. La base a même vocation à devenir une base de défense. Le premier objectif de la réorganisation du ministère, c'est d'améliorer les conditions de travail de chacun, en préservant la qualité opérationnelle de nos armées et de nos services. Pour cela, il faut supprimer les doublons. Comme l'ensemble des bases de défense, la BA 120 conservera les moyens d'administration et de soutien spécifiques à ses opérations, ce qui sera mutualisé c'est le soutien commun comme la fonction finance, le soutien santé ou social, les moyens d'instruction ou la sécurité.

Propos recueillis par Bernadette Dubourg

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

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