Hervé Morin s'est démarqué de la politique suivie par le gouvernement comme des propositions du PS. Le président du groupe UDF à l'Assemblée, a critiqué la mise en place du Contrat première embauche pour les moins de 26 ans et a défendu une voie nouvelle qui prenne à la fois en compte l'adaptation nécessaire de notre économie et la protection des salariés.
Hervé Morin estime que le gouvernement a fait preuve d'une vraie maladresse en créant le Contrat première embauche (CPE) car ce contrat se caractérise principalement par sa précarité. Il a rappelé que le gouvernement avait créé quelques mois plus tôt le Contrat nouvelle embauche (CNE), et qu'avant même de savoir si le CNE est créateur d'emplois, le Premier ministre décide de créer sa copie conforme pour l'étendre à toutes les entreprises. Le président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, aurait préféré que le gouvernement se donne le temps de mesurer toutes les conséquences du CNE. Hervé Morin considère que si les entreprises ont certes besoin de flexibilité, les acteurs économiques ont surtout besoin de stabilité et de sécurité juridiques. Pour le député de l'Eure, les entreprises ne demandaient pas la création d'un contrat pour les moins de 26 ans. Hervé Morin considère que la problématique de l'emploi des jeunes relève de l'emploi en général, et qu'en créant un contrat spécifique pour eux, le gouvernement désavantage les autres catégories les plus touchées par le chômage : les plus de 50 ans, les femmes... En revanche, le député UDF considère qu'il y a un problème de qualification et de formation qui explique notamment pourquoi les jeunes ne trouvent pas de travail.
Hervé Morin a expliqué que l'UDF essaie d'entamer un dialogue avec le pays. Le mouvement a fait des propositions pour changer les institutions afin qu'elles deviennent plus démocratiques, l'UDF défend la modernisation de l'économie et la préservation de la justice sociale, elle est favorable à une réforme de l'Etat... Il admet qu'il faudra du temps avant que cette démarche nouvelle soit reconnue dans le pays. Hervé Morin a rappelé que c'est la première fois depuis vingt-cinq ans que l'UDF se considère comme une force politique autonome de l'UMP. Il a souligné que depuis 2002, le mouvement n'est pas dans la majorité mais que l'UDF ne se sent pas pour autant plus d'affinités avec le PS. Hervé Morin a expliqué qu'il faudrait que la gauche devienne social-démocrate c'est à dire qu'elle soit acquise à l'économie de marché et qu'elle soit européenne, pour qu'ils puissent s'entendre. Le président du groupe UDF à l'Assemblée, a regretté que la France ne soit pas prête de voir la droite et la gauche gouverner ensemble comme en Allemagne et décider d'un ambitieux programme de réformes et d'économies.