Mercredi 26 novembre, une interview d'Hervé Morin sera publiée dans Le Figaro
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29.03.2007 : Hervé Morin récuse la politique "qui oppose les uns aux autres" (Radio Notre-Dame)

 20 Ko Hervé Morin était l’invité de Frédéric Mounier dans l'émission "Face aux Chrétiens", sur Radio Notre-Dame. Différents sujets d'actualité ont été abordés, et notamment l'évolution des sondages ou les récentes émeutes qui ont éclaté en Gare du Nord, à Paris, suite au contrôle d’un billet. D'autres sujets essentiels à François Bayrou, tels que l'Education et la construction européenne, ont également été soulevés.

Hervé Morin ne s'est pas défini comme démocrate-chrétien, même si sa famille est chrétienne. De même, il apprécie les qualités "d'agitateur d'idées" d'Alain Madelin, mais ne se réclame pas de la même appartenance. Le député-maire d'Epaignes évoque davantage la référence de Pierre Mendès France transmise par ses grands-parents, qui avaient d'ailleurs une haute idée de la politique.

Hervé Morin refuse que la candidature de François Bayrou serve de "strapontin" à la gauche ou à la droite, mais partage l'idée qu'un centre démocrate réunisse des gens de droite modérée et de gauche moderne, en clair des socio-démocrates, qui pourrait comporter des tendances de tradition rocardienne. François Bayrou défend ce projet de gouvernement d'Union nationale, et il s'appuie sur le bilan de cinq années d'action gouvernementale ayant produit l'immobilisme du pays. Cela alors même que les pouvoirs ont été concentrés dans les mêmes mains, avec 363 députés à l'Assemblée nationale acquis à la cause de Jacques Chirac en 2002.

Si François Bayrou est élu, 577 députés de la "majorité présidentielle" seront présentés pour les législatives comme le rappelle Hervé Morin. Ensuite, historiquement, et logiquement, comme en 1981, alors que tout le monde disait le contraire, les Français offriront une majorité en rapport à leur vote à l'élection présidentielle, afin de donner les moyens d'une politique cohérente. "Nous aurons des candidats qui incarneront notre majorité qu'ils soient sortant ou non. On a justement besoin d'un renouvellement", a-t-il souligné.

Concernant "les 35 heures", Hervé Morin relève qu'il y a débat à gauche puisque Ségolène Royal a récemment évoqué l'idée qu'il fallait mettre le sujet "sur la table". François Bayrou propose que le durée légale demeure 35 heures hebdomadaire, mais que l'on attribue "une bonification" de 35% aux heures supplémentaires. Le député de l'Eure précise qu'il faut instaurer "un cadre législatif" garant du système de protection sociale. Ensuite, un mode de discussion par branche permettra d'associer tous les acteurs économiques et sociaux. Pour cela, une condition préalable est nécessaire : revoir les critères de représentativité des syndicats, afin que toutes ces négociations soient légitimes aux yeux de tous.

Rebondissant sur l'actualité, Hervé Morin a souligné que des hommes et femmes de droite et de gauche étaient déjà prêts à rejoindre François Bayrou. Les Gracques, regroupant des hauts-fonctionnaires d'obédience de gauche, se sont prononcés pour un rassemblement auprès de la candidature de François Bayrou. D'après le député-maire d'Epaignes, "le jour où vous mettez François Bayrou au deuxième tour, vous éclatez le système". Hervé Morin a souhaité que l'on se souvienne que François Bayrou relevait dès 2002 que "le système s'essoufflait". Le député-maire d'Epaignes a souligné qu'en politique les bonnes idées pouvaient provenir de la droite, de la gauche et parfois même de l'extrême gauche. Il faut se pencher sur les questions "de manière pragmatique, et pas doctrinale" a-t-il indiqué. Ainsi, les exemples de réformes proposées telles que la réduction de la dette, les transferts de charges n'ont pas l'intérêt qu'on leur porte parce qu'elles sont "de gauche ou de droite" comme le souligne Hervé Morin.

Au chapitre des sondages, pour mémoire, concernant leur valeur prédictive et leurs fluctuations, Hervé Morin appelle les auditeurs à se souvenir des discours des "sondologues" lors des précédentes élections et de leurs défaillances. Il prend l'exemple de la candidature d'Edouard Balladur dont ils se demandaient s'il remporterait les élections dès le premier tour ou non. De même, en 2005, puisque le "Oui" à la Constitution européenne était acquis, la question était de savoir dans quelle mesure cela allait relancer la position politique de Jacques Chirac.
Ainsi, la volonté de "faire des coups" de la part des médias, afin de favoriser les commentaires serait forte dans cette affaire, d'après Hervé Morin. Celui-ci s'étant procuré des chiffres "bruts" de sondages, soumet à la critique la manière dont on réajusterait les valeurs données à la lumière des chiffres publiés dans le passé. Si 10% des personnes interrogées disent avoir voté en 2002 en faveur de Jean-Marie Le Pen, pourquoi hésiteraient-ils à annoncer l'orientation de leur vote pour 2007 ? C'est l'interrogation que soulève le conseiller de François Bayrou pour la campagne présidentielle.

A propos des récents incidents survenus à la gare du Nord entre des policiers et des émeutiers, Hervé Morin a affirmé que le bilan de l'ancien ministre de l'Intérieur n'était qu'un "trompe l'oeil". Il récuse la politique "qui oppose les uns aux autres". A cela François Bayrou apporte une autre solution : une politique globale de réimplantation de la République partout sur le territoire y compris, et surtout, dans les quartiers désertés par la présence de l'État. Pas uniquement l'État répressif, mais aussi l'État qui soutient, qui offre les moyens de l'excellence partout, par un système éducatif efficace. Par l'implantation de préfets de quartiers par exemple et pas simplement par des opérations de gendarmes mobiles ou de CRS, ou par la restauration de la police de proximité, composée de gens qui vivent dans ces quartiers, qui connaissent le contexte et la population. Le lien entre l'État et la population où qu'elle soit doit être recréé.
Par ailleurs, au sujet des solutions à ce type d'incidents, Hervé Morin répond que la fermeté existe déjà. Il soulève alors le problème lié aux prisons qui sont surpeuplées. "Il n'y a jamais eu autant de monde en prison" a-t-il relevé. Il a ajouté que les États-Unis, pour exemple, ont incarcéré 150 000 personnes, et "ils n'ont jamais eu autant de criminalité".
Malgré ce type d'incident, Hervé Morin se refuse à tout amalgame et s'oppose à cette idée de stigmatiser des minorités à l'aide d'appellations telles que "racailles". Le député de l'Eure accepte l'idée que, sur la question des "banlieues", "c'est une œuvre de long terme", par une politique globale de logement, d'économie sociale etc. Il prend en exemple un système américain, le "bussing", permettant aux enfants de quartiers pauvres d’aller à l’école dans les quartiers riches.

Au chapitre des dépenses publiques liées à la structure des collectivités locales, Hervé Morin expose les désagréments que la décentralisation a engendré de par sa méthode mal appropriée. En effet, "les vagues de décentralisation ont créé 600 000 postes au sein des collectivités locales, alors que dans le même temps, au lieu de réduire les effectifs au sein de l'appareil d'État, il y a eu une augmentation de ses effectifs de 100 000 à 150 000". L'idée permettant de réduire les coûts, et donc de réduire la dette due au fonctionnement de l'État, serait de fusionner les départements et les régions. Le pays simplifierait son système administratif, le rendrait plus transparent et plus efficace. Le député-maire d'Epaignes explique que, contrairement à ce qui se passe aujourd'hui, lorsqu'une compétence est dévolue à une administration représentée par le département, il faut qu'elle se charge, exclusivement, d'exécuter sa mission. Sur des questions d'ordre sportif, par exemple, plusieurs collectivités se superposent et agissent de la même manière sur le sujet. D'après Hervé Morin, les élus de la Région doivent se prononcer sur des sujets qui sont distincts de ceux qui font l'objet de décisions lorsqu'ils se réunissent au sein du Département.

Le sujet de la construction européenne et le référendum de 2002 ont également été abordés au cours de l'émission. Il semble essentiel à Hervé Morin que "les Français prennent leur destin en main". "On a décidé par voie référendaire en 2005, on passe par voie référendaire pour en sortir" a-t-il déclaré. Selon lui, les Français sont responsables et doivent le rester. "Un texte plus lisible, compréhensible par tous" doit être présenté aux Français, contrairement à 2005. Hervé Morin a reconnu que le texte était illisible, trop complexe et relève qu’à l'époque les Français avaient aussi voulu se prononcer sur la légitimité du Gouvernement qu'ils défiaient.

Concernant les couples homosexuels et l'homoparentalité, Hervé Morin a rappelé la position défendue par François Bayrou :
- la reconnaissance de l'union civile, conclue à la mairie, ouverte aux homosexuels, comportant des droits équivalents à ceux ouverts par le mariage
- l'adoption par des couples homosexuels sous la forme de l'adoption simple. Un lien de reconnaissance (éducation et succession) de la compagne ou du compagnon compléterait cet édifice.

Enfin, le député-maire d'Epaignes a rappelé que le bilan de François Bayrou sur les questions d'Education était positif et que sa méthode de réforme n'était pas le conflit pour "faire le 20 heures tous les soir" mais bien le mode du partage de la responsabilité avec les acteurs de l'éducation "sous le forme du contrat : on se fixe des objectifs, et on se donne cinq ans pour le faire". Reste à faire le bilan au terme du contrat.

Radio Notre-Dame

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

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