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11.12.2005 : Journée de la réunification de la Basse et de la Haute Normandie à Deauville
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L'association "Pour la réunification de la Normandie", présidée par Hervé Morin, a organisé dimanche 11 décembre 2005 à Deauville, un grand rendez-vous sur le thème de la réunification de la basse et de la haute Normandie. L'occasion de réunir de nombreux élus et habitants de ces deux régions qui aspirent à ne faire qu'une.
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Compte-rendu de la réunion
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Ces notes n’ont pas été relues par les orateurs Table ronde 1 : ETAT DES LIEUX : COOPERATION OU REUNIFICATION ? Participaient: Philippe Augier, maire UDF de Deauville, président de l’association « Normandie Demain » Jean Levêque, économiste régional Pierre Albertini, député maire UDF de Rouen, vice président de l’ « Association pour la réunification de la Normandie » Daniel Corpet, chef d’entreprise depuis 2002 au Havre, responsable des dirigeants d’entreprises chrétiens de Normandie Christiane Tincelin, directeur délégué de l’école de management de Normandie (Caen, Le Havre, Deauville) Marc Wiltz, éditeur normand James Louvet, élu à la chambre d’agriculture de Normandie, éleveur de moutons près de Vire Philippe Augier : Nous sommes très heureux de vous accueillir ci. Il n’y a pas eu de réunion depuis un moment et ce pour une raison : depuis les élections régionales, il y a dix-huit mois, les nouveaux élus régionaux observaient ce qui se passait. Nous observons qu’il ne se passe pas grand-chose sur le plan de la réunification. Nous allons donc faire le point, mais avant tout je tiens à saluer la présence de deux amis bretons qui sont venus en observateurs et qui en sont plus loin que nous en matière de réunification. Jean Levêque : Je vais dresser un bilan économique et social. - En Normandie, la population s’engage dans une croissance faible ou très faible, en rupture avec ce qui se passait dans les années 60. Il y a 25 000 habitants de plus en dix ans en Basse Normandie. - Les jeunes sont de moins en moins nombreux, ce qui entraîne une baisse de la population active. La Basse Normandie a le taux de vieillissement de population le plus élevé de France. Dans les dix ans à venir, 1 million de franciliens quitteront l’Ile de France. 100 à 130 000 viendront chez nous, ce qui accroîtra le phénomène de vieillissement de population. - Nous sommes dans des territoires à changement rapide, avec un accroissement du périurbain. En Haute Normandie, il y a 570 000 habitants dans ces zones, soit trois fois plus en dix ans. - Les campagnes sont très différentes de ce que l’on attend d’elles. En Normandie, le maillage bourg - petite ville a une grande importance. Mais ce rôle se modifie. Quelle place doit-on lui réserver dans l’aménagement du territoire ? - La Normandie est une terre d’énergie. La Russie va amener le gaz en France et il va prendre le pas sur le pétrole. Or, la Normandie raffine 35% du pétrole pour la France. 16.7% du nucléaire est fait chez nous. Nous sommes dans une sorte d’émirat, car nous n’en consommons que 6%. C’est une chance à valoriser. La Normandie a une place à jouer. - Nous avons d’autres chances à valoriser : - un estuaire (Rouen - Caen) avec Port 2000. Un des 7 territoires que l’Etat a privilégié. - la possibilité de mettre sur pied une métropole normande dans le cadre du projet de contrat métropolitain. - un capital « patrimoine » très satisfaisant. C’est une des chances de cette région car cela peut se traduire par un développement d’emplois. Ce capital correspond à un besoin de nature. Mais c’est un capital fragile car il est sensible à la banlieurisation rampante qui gagne sur notre territoire. D’autre part, il est soumis aux enjeux fonciers locaux. Pierre Albertini : Il existe d’ores et déjà des coopérations entre les deux régions, que nous allons aborder lucidement. Dans quels domaines existent-elles ? Sont-elles des alibis ou préparent-elles la réunification ? En matière d’infrastructures et d’aménagement du territoire : - Les liaisons ferroviaires : l’axe majeur Normandie – vallée de Seine est en panne. Il y a eu un projet de liaison rapide Saint Lazare – Roissy, mais il est renvoyé aux calendes grecques. - Les ports de Rouen et du Havre : la coopération existe mais est perfectible. Reste à la définir et à l’élargir aux autres ports normands comme Dieppe, par exemple. - Les aéroports : ni la Haute ni la Basse Normandie ne se sont déclarées favorables à la gestion d’un aéroport. En matière d’enseignement et de recherche : le pôle universitaire normand a plusieurs années, mais nous ne sommes pas dans des dimensions de pôle européen. Une directive européenne va demander la constitution de pôles régionaux. Rouen et Caen ne peuvent la faire seules. La coopération est importante dans le cadre des pôles de compétitivité reconnus, comme la logistique et la combustion – moteur. Ce dernier va d’ailleurs être revu avec la fusion du pôle Ile-de-France avec celui de la Haute Normandie. En matière de patrimoine – tourisme – culture : cet axe de coopération n’est pas assez développé. Nous avons des ambitions beaucoup trop modestes en la matière. En matière de santé : il existe une coopération entre les CHU d’Amiens, Rouen et Caen. Avec le vieillissement de la population, l’attractivité de nos territoires dépendra du système de santé que nous pourrons proposer. Si la coopération en matière de santé est nécessaire, elle n’aboutira pas à la disparition du CHU de Caen. Nous avons intérêt à mettre en réseau l’hôpital général du Havre avec les CHU de Rouen et de Caen, sans oublier les hôpitaux de proximité. Reste le réseau des villes normandes : il est à consolider. Le principe de la métropole normande (Caen, Rouen, Le Havre) représente plus d’un million d’habitants. Nous avons fait entrer les agglomérations. Mais il ne s’agit pas d’avoir uniquement un statut, il faut un projet, demandé par la DATAR pour l’été prochain ! Et en un an, il n’y a pas eu une seule réunion des élus de Caen, Rouen et Le Havre ! Il est essentiel que ce projet soit soumis à la discussion et à l’approbation des Normands. Le principal obstacle à la réunification : les élus ! Daniel Corpet : J’exerce mon activité professionnelle dans deux domaines : la maintenance industrielle (la pétrochimie qui a un caractère très international) et la fourniture industrielle (pour toutes les entreprises). Dans les 10 – 15 ans à venir, on va entrer dans un phénomène perturbant alliant le vieillissement croissant de la population et la mondialisation. Or les métiers et le savoir –faire que nous avons sont identifiables. Il faut avoir que la Normandie bénéficie de sa réputation dans le monde de part son histoire et sa localisation. Mais il y a urgence à prendre le train en marche de la mondialisation. Pierre Albertini : Je préfère la notion d’allongement de la vie à celle de vieillissement de la population. Dans cette perspective, les efforts que l’on pourrait faire pour avoir un marché plus organisé pour les cadres et les techniciens pourraient être un atout. Daniel Corpet : Dans les années à venir, 30% des techniciens seront issus des milieux défavorisés. Les plus de 60 ans, retraités, sont encore très actifs. Il y a un enjeu important à utiliser le vivier des jeunes retraités pour former les jeunes. Sinon nous manquerons de main d’œuvre. Jean Levêque : J’ai proposé de développer la formule de parrainage ou de tutorat entre un jeune qui veut s’en sortir et un senior. Pierre Albertini : Il faut aider les jeunes à faire leur parcours dans notre région et donner la priorité à la formation. Nous avons de plus en plus de cadres bien formés dans le domaine de la gestion et du management. Christiane Tincelin : Dans l’enseignement supérieur, nous pouvons dresser le constat suivant : - nous avons de bons établissements, mais nous ne sommes pas dans le Top 10 des universités. En réunissant les trois villes nous pouvons diffuser sur l’ensemble de notre territoire. Il ne faut pas omettre que nous sommes encadrés par Rennes, Londres, Lille, Bruxelles et Paris. Il n’y a que six grandes écoles en Normandie. - Les enjeux : le monde industriel n’est pas forcément notre avenir, mais nus devons notre accroître notre capacité à innover. L’aspect international est à prendre en compte. Depuis 25 ans, les chambres de commerce et d’industrie de Caen et du Havre font des formations complémentaires. Depuis deux ou trois ans, il y a une mise en réseau des acteurs de la formation et du management de Normandie. Leur filiale commune a créé le Polytechnicom qui permet une mise en réseau pour créer des complémentarités. - Les différences de politique entre les deux régions sont lourdes pour nous. Enfin, je soulignerai le dispositif exceptionnel de la Normandie en matière de nautisme. Une activité à développer. Marc Wiltz : La Normandie est victime de sa morcellisation géographique. Vu de Paris, il n’y a pas d’identité normande. Je fais un bref rappel historique : la Normandie a été rattachée à la France en 1204 par Philippe Auguste. Au début du XVIe siècle, le gouvernement normand s’est séparé en deux lieutenances : Caen et Evreux. Il y a donc eu séparation administrative, mais à l’origine c’était une seule et même région. J’essaye de montrer la dimension de la Normandie. Je travaille sur le patrimoine et les auteurs normands. Pierre Albertini : Quelle région, comme la nôtre, offre une telle palette ? James Louvet : - Il y a une image qui existe et qui est à remettre au goût du jour. L’agriculture a des repères historiques à travers les AOC, les vaches normandes, etc. Le lait, les céréales, les viandes bovines sont en crise. Donc, on doit trouver autre chose pour maintenir en Normandie l’activité agricole. - En ce qui concerne la réunification, il faut simplement demander aux opposants pourquoi ils s’y opposent et non à ses défenseurs pourquoi ils sont pour. Sur l’aspect agricole, je suis élu de la chambre régionale d’agriculture. On se heurte à des difficultés administratives. - La « Gourmandie » est un concept développé lors d’un salon de l’agriculture à Paris il y a deux ans. Cela n’aurait pas été possible à développer dans une seule des deux Normandie. - Le problème de la capitale normande se pose. Nous sommes à proximité de Paris. Demain, le développement économique de Paris pourra se faire vers la Normandie. - Par rapport à l’Europe, il y a des difficultés à mobiliser des fonds européens et à présenter des projets structurants qui mettent en valeur nos qualités. Il faut faire vite. La réunification va dans le sens de l’histoire. Questions du public : - Une loi peut réunifier la Normandie. Il n’y a pas eu de référendum pour diviser notre région, pourquoi en faire un pour une réunification administrative ? - En matière de transports ferroviaires, le réseau ferré a de l’argent pour faire des TGV pour la Bretagne, pourquoi pas pour la Normandie ? Pourquoi les élus ne font-ils pas un lobby pour le TGV ? - M. Le Vern a annoncé que l’aéroport normand serait à Deauville… - Les ports normands manquent de dynamisme par rapport à ceux d’Anvers et de Rotterdam. Que comptez-vous faire ? - Fort de l’expérience que nous avons eu avec le référendum sur la constitution européenne, j’ai peur que les normands ne répondent à côté si on fait un référendum sur la réunification de la Normandie. Ne peut-on demander au Parlement de régler la question ? - En tant que représentant de «l’Association de réunification de la Bretagne», je tiens à vous dire que nous sommes loin d’obtenir cette réunification, même si nous sommes poussés par une identification très forte. J’ai eu l’occasion d’être reçu il y a deux ans par M. Devedjian. Une procédure de consultation a été envisagée, mais avec le problème corse, il y a eu un frein. Comment certaines régions peuvent-elles retrouver leur territorialité pour répondre à la dynamique de la mondialisation ? Pierre Albertini : - En ce qui concerne une loi pour le référendum, il y a en ce moment beaucoup de propositions dans l’air sur le rapprochement des régions. Je suis prêt à signer tout de suite une proposition de loi, mais il faut que le gouvernement l’accepte. A l’Assemblée, si la proposition vient d’un seul groupe politique, elle est vouée à l’échec. Or la réunification est un sujet trans-politique. Puis, cela sera plus dur au Sénat… La solution d’une proposition de loi est encore devant nous, mais il faut trouver les signatures dans différents partis à l’Assemblée et au Sénat. - Pour ce qui est du TGV, on se demande pourquoi la SNCF a négligé la Normandie. Car nous sommes captifs, à savoir que dans notre région, la SNCF n’est pas menacée par la concurrence des aéroports. La ligne Paris - Rouen est la plus ancienne : elle est vétuste et l’Ile-de-France est favorisée. C’est un problème qui relève de l’Etat. Nous ne demandons pas un TGV mais une liaison fiable et rapide avec du matériel confortable. Il y a eu de petites améliorations sur la ligne Rouen - Caen, liées à la coopération entre nos deux régions. C’est un vrai problème. L’aménagement du territoire est fait en favorisant l’Ile-de-France. - Un aéroport normand à Deauville ? Pourquoi pas. Mais je regrette que les conseils régionaux de Haute et Basse Normandie refusent d’investir. - Pour les ports, avec Le Havre et Rouen, nous avons le plus grand complexe portuaire français. Mais il faut également travailler avec Cherbourg, Dieppe, etc. Il faut un schéma stratégique face au développement des ports du Nord (Anvers, Rotterdam, …). Une stratégie de ports normands a plus de chance de peser à l’extérieur qu’une stratégie de ports séparés. Daniel Corpet : Ces ports représentent une des chances importantes pour nous, les entreprises. Il y a une réflexion à mener : en France, on laisse les technocrates et l’Etat décider, au lieu de faire ce que l’on a à faire. Dès que l’on discute, et que l’on arrive à des réflexions économiques, on se tourne vers l’Etat. On risque d’arriver à la délocalisation des entreprises qui s’occupent des containers. Jean Levêque : A propos des ports et du train, il faut que la SNCF mette une desserte ferroviaire moderne pour les ports. Table ronde 2 : QUELS MOYENS POUR PARVENIR A REUNIFIER AVANT 2007? Participaient : - Philippe Augier, maire UDF de Deauville et président de l’Association « Normandie Demain » - Hervé Morin, député maire UDF d’Epaignes, président du groupe UDF à l’Assemblée nationale, président du groupe UDF au Conseil régional de Haute Normandie et président de l’« Asssociation pour la Réunification de la Normandie » - Catherine Morin-Desailly, sénatrice UDF de Seine Maritime, ajointe au maire de Rouen - Pierre Albertini, député maire UDF de Rouen - Franck Martin, vice président PRG du Conseil général de l’Eure, maire de Louviers - Alain Tourret, vice président PRG du Conseil régional, maire de Moulte - Daniel Goulet, sénateur UMP de l’Orne. Hervé Morin : Vous devez vous demander ce que nous avons fait pendant ces derniers 18 mois. Au lendemain des élections régionales, nous avons constaté que si nous n’avions pas la majorité au conseil régional, personne ne s’opposait vraiment à l’idée d’une seule région. Nous avons voulu observer ce qu’allaient faire les deux exécutifs régionaux. Les deux présidents de régions ont fait des déclarations positives en 2004, mais ils ont confié à des experts la question de la réunification. Ces experts ont rédigé un rapport présentant les avantages et les inconvénients de la réunification. Il faut préciser que les membres de cette commission sont hostiles à l’idée même d’une seule région normande. Ce document qui va être présenté aux Normands est tout à fait contestable, tant sur la méthode que sur la présentation du document. Tout est fait pour accroître les inquiétudes des Normands. Il ne présente pas ce que la Normandie a perdu de la division. Il s’agit par exemple des entreprises qui sont maintenant à Rennes ou à Lille, de 5 aéroports en déficit, de lignes ferroviaires peu performantes…. De surcroît tout est fait pour instiller inquiétude et menaces. En matière d’identité, la Normandie bénéficie pourtant d’une perception extérieure positive importante, dont elle ne tire pas totalement profit. Le rapport de la commission explique que la réunification aboutirait à une banalisation des particularismes locaux. Mais il ne parle pas des avantages au plan de l’image. Il évoque par exemple la situation des RMI dans nos deux régions, parle des sites Seveso… Il y a un mélange des problèmes. La question de la capitale normande est très largement abordée dans ce texte du CESR. On y parle de séismes locaux pour les villes qui ne seront pas choisies, et on y dit que Rouen n’est pas d’accord pour que Caen soit la capitale administrative de la Normandie. La réorganisation administrative et la fusion administrative sont présentées comme quelque chose d’inquiétant (déplacement des fonctionnaires, etc.), alors que nous demandons de concentrer les moyens pour avoir des politiques nouvelles. Dans ce rapport, il est également indiqué qu’un seul centre Assedic, qu’une seule CRAM, etc., coûteraient plus cher aux Normands. Or, aujourd’hui, nous avons des coûts de fonctionnement élevés. Comment font les entreprises qui concentrent les back-offices pour faire des économies ? Si la réunification engendre des modifications des politiques régionales pour _un développement économique et social harmonieux , nous disons « Oui à la réunification ! ». La question des universités, des actions menées avec succès par des organes socioprofessionnels comme la chambre d’agriculture régionale, etc., par les fédérations sportives ne sont pas évoquées. Ce document sera présenté aux présidents de région, qui ne souhaitent pas vraiment la réunification. Alain Le Vern annonce le TGV en 2012 en Normandie. Moi, je dis qu’en 2015, nous serons la seule région de France sans TGV. Dites à vos amis que ce document n’est pas crédible. Alain Tourret : En Basse Normandie, et au sein du conseil régional qui a été élu, les choses ont évolué. 2/3 des conseillers sont pour la réunification. Je note l’engagement très fort du maire de Cherbourg. Il y a donc une évolution favorable de nombreux élus. Les gestes ont également été importants, comme le choix d’un aéroport commun par les deux présidents de région, réunis à Touques. Maintenant, il faut définir les futures étapes. Dans le sens de la réunification, il y a trois ans, Hervé Morin et moi-même avions fait une proposition de loi. Elle n’a pas été retenue. Aujourd’hui, il y a deux façons d’avancer : le conseil régional ou le Parlement. En ce qui concerne, les conseils régionaux, il faut savoir que si un seul conseiller n’est pas d’accord, il bloque tout. Par contre, il faut approfondir la question d’un texte à l’Assemblée nationale et au Sénat. Nous devons prendre des initiatives. Il faut reprendre la main et prendre des dates. Il y a une fenêtre de tir en septembre 2008. Nous voulons un consensus sur une date. Nous devons également avoir notre calendrier. 2006 sera marquée par de grands événements : - le 100e anniversaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor, le « Soleil noir de la Normandie », - des actions spécifiques sur les droits de l’homme. Il y a d’ailleurs un jumelage pour ces actions entre la Basse Normandie et la Toscane. Des actions sur lesquelles nous nous retrouvons avec toute la jeunesse de notre région. Philippe Augier : Inscrivez ce projet à l’ordre du jour du conseil régional de Basse Normandie. Franck Martin : Quelques mois avant les élections régionales, tous les médias définissaient ce qui allait se passer en fonction de la réunification. Il fallait dépasser le clivage gauche - droite pour atteindre cet objectif. Mais la problématique régionale a disparu au profit de la problématique nationale. Il faut reprendre le débat où il en était avant les élections régionales. Le message à faire passer : fixer un calendrier et mobiliser les citoyens autour de l’idée de la réunification par des réunions locales. Catherine Morin-Desailly : Avec Hervé Morin, nous avons donné le ton. Nous avons sorti nos documents de campagne avant les autres. Toutes les tendances politiques se sont calées sur cet enjeu majeur de la réunification. J’invite le conseil régional à regarder les dossiers politiques par le prisme de la réunification. Pour les acteurs culturels, économiques et sportifs, on ne pourra faire avancer les grands dossiers que par la réunification. Daniel Goulet : Comment pouvons-nous encore cheminer vers la réunification ? Notre interlocuteur principal est l’opinion publique. 70% des Normands doivent adhérer. Mais à quoi ? C’est nous qui allons faire un projet, mais il faut aussi un échéancier. Franck Martin : Les hauts Normands sont d’accord pour un schéma de répartition, qui doit être travaillé dans le détail, pour Caen, capitale politique et donc siège de l’assemblée régionale. Le maire de Rouen, Pierre Abertini, ici présent est d’accord. Avançons à partir de ce schéma. Philippe Augier : Le contrat métropolitain, « Normandie métropole », est idéal pour y travailler, pour voir les répartitions entre les différents services. Mais cela avance beaucoup moins vite que nous l’aurions souhaité. Intervenant dans la salle : En tant que jeune, je vous signale qu’il y a des forums sur Internet pour parler de la Normandie. Les jeunes connaissent mal l’histoire et la géographie de notre région. Mais, pour la plupart d’entre nous la Normandie existe déjà. Aux Normands de reprendre leur destin en main. Philippe Augier : L’identité existe, mais elle est peu portée par les Normands eux-mêmes. Marc Migraine, conseiller municipal au Havre, intervenant dans la salle : Au Havre, la réunification ne fait pas débat. L’échéance de 2008, soit. Mais en passant par le référendum ou par l’Assemblée nationale ? Philippe Augier : Les politiques autour de l’estuaire travaillent ensemble. Il y a deux voies possibles. En 2008, on peut faire un référendum régional, mais un texte doit le déclencher. Intervenant dans la salle : Où en est votre accord, Franck Martin, avec Alain Le Vern pour mettre en place le référendum ? Franck Martin : La promesse est faite, mais tant qu’il n’y aura pas de pression des concitoyens sur Alain Le Vern et le conseil régional de Haute Normandie… Il faut d’abord un accord avec le conseil régional de Basse Normandie. Intervenant dans la salle : Je préférerai la voie de l’Assemblée nationale, en impliquant Monsieur Debré, président de l’Assemblée nationale et maire d’Evreux. Philippe Augier : Si, en 2007, il y a possibilité d’une proposition de loi… L’autre voie est bien entendu celle des conseils régionaux. Au vu de la position du conseil régional de Haute Normandie, je pense que la voie parlementaire sera plus efficace. Intervenant dans la salle : Il faut travailler sur deux axes. Le peuple décide, donc il faut lui expliquer le pourquoi de la réunification, et construire un véritable projet social, économique, culturel, sportif et dans le domaine de l’éducation. Philippe Augier : Dans le cadre de Normandie Demain, on travaille sur ce projet en permanence. Intervenant dans la salle : Je voudrais d’abord saluer le fait que vous nous ayez réunis à nouveau, vous élus de tous bords. Je suis pessimiste quand on parle de la réunification via les conseils régionaux, mais aussi du côté de Paris. Il faut retrouver une force d’initiative qui fasse parler de nous. Il ne peut y avoir de réunification sans les petits élus : il faut les inviter à se réunir sur la base d’un engagement sur la réunification. Et travailler ensemble. Créer un congrès de Normands. Des centaines d’élus y seraient favorables. Philippe Augier et Hervé Morin : C’est une bonne idée. Intervenant dans la salle : Peut-on tirer une leçon de l’échec Corse et des Antilles ? On risque avec un référendum, que la réponse ne soit pas celle de la question. Il faudrait un référendum qui porterait sur l’ensemble des régions pour redéfinir les compétences et la territorialité de chaque région. Alain Tourret : On peut éviter la comparaison avec la Corse. Mais ce qui m’inquiète c’est que ces références sont toujours négatives. Hervé Morin : Plus on va compliquer les choses, moins on y arrivera. Pour le référendum corse, moi, j’aurai voté non ! Il y avait de la schizophrénie dans le dialogue. Daniel Goulet : Il ne faut pas généraliser car, sinon, on va vers un débat politique. On ne fera pas l’économie d’Etats généraux, pour donner un élan. Intervenant dans la salle : 33 ans de militantisme en Normandie, en faveur de la réunification, me permettent de dire que si nous ne faisons pas la réunification, nous allons aboutir à une autre difficulté. La Normandie ne sera que la périphérie de la région parisienne. Dépêchez-vous si vous ne voulez pas de ça !
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